Étrange destinée que celle du peuple Arménien, dont l'existance prouve que les civilisations ne sont pas necessairement mortelles. Et pourtant l'histoire des Arméniens est jalonnée de tragédies, de persécutions, de déportations, de massacres qui auraient pu les engloutir à jamais. À juste titre les Arméniens sont fiers de leur histoire. La nation Arménienne fut le premier royaume à se proclamer Chrétien, et cette appartenance ne s'est jamais démantie au cours des siècles, donnant naissance à une superbe liturgie ainsi qu'à des œuvres d'art et à des édifices religieux qui font toujours notre admiration.
L'église Arménienne a été et demeure le ciment le plus solide et le plus sur de toute
une communauté dispersée sur plusieurs continents. Évoquer l'Arménie, c'est bien sur avoir en mémoire l'épouvantable tragédie de 1915 qui vit des centaines d'Arméniens obligés d'abandonner leurs biens et massacrés. La troisième génération, même quand elle est totalement assimilée, garde comme une blessure mal fermée le souvenir de ce qui est considé comme le premier génocide des temps modernes. Des associations, des écoles, des journaux, des partis politiques, l'Église regroupent les Arméniens et les aident à garder leurs traditions, leur langue, leur foi et leur culture. Malgré les difficultés présentes qui sont nombreuses,ce jeune État reste le témoin tangible et porteur d'espérance d'une civilisation et d'un peuple toujours bien vivant et dont la longue mémoire appartient au patrimoine de l'Humanité.